éditorial de la semaine

La sagesse est assise à ta porte

 

La sagesse est une figure tardive de l’Ancien Testament. Un peu comme le doux murmure de la brise légère qui succède au grand ouragan, au tremblement de terre et au feu lorsqu’Élie part à la rencontre de Dieu sur l’Horeb, la sagesse émerge progressivement des grandes turbulences de l’histoire du salut pour se manifester dans le murmure du philosophe saisissant l’ordre du monde. La marche des étoiles, le cycle des saisons, les lois de la nature sont interprétées comme autant de signes manifestant la sagesse créatrice de Dieu. Cette sagesse assise à ta porte va et vient avec un visage souriant, elle est proche de l’homme, resplendissante et rassurante. Sa présence dissimulée dans l’ordre naturel est non seulement le signe de la puissance divine créatrice des lois de la nature mais aussi le signe de la proximité de Dieu dans les détails de notre vie. L’ordre de la nature, le morceau de bois purifiant les eaux amères de Mara, le fiel de poisson guérissant les yeux de Tobit, l’huile et le vin du bon Samaritain versés sur les plaies du voyageur blessé, la chaleur d’un café servi « Au bord du monde » dans les rues de Paris expriment la tendresse, le sourire et les larmes de Dieu dans les réalités les plus modestes de notre existence.

Père Pascal Genin