Editorial

17 et 18 octobre 2020

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21)

Le célèbre verset, commun aux trois évangiles synoptiques, a été commenté à l’envi par des penseurs, chrétiens ou non, par des théologiens, des philosophes, mais intéresse également ceux qui réfléchissent la laïcité. Grâce à ce verset, Jésus rappelle deux affirmations centrales sur son identité.

Premièrement, Jésus montre qu’il n’est pas un messie politique. Cette affirmation surprend parfois ses contemporains et il la reprendra mutatis mutandis face à Pilate. Davantage, la distinction opérée entre deux ordres, celui de Dieu et celui de César, porte en contrepoint, d’une part le fait qu’aucun César ne doit prétendre être Dieu ou son messie, d’autre part la nature fondamentale et paradoxale de l’engagement politique pour un chrétien.

Deuxièmement, le denier, objet de la controverse n’est pas anodin. Volontiers, l’évocation du denier rappelle qu’il faut choisir entre Dieu et Mammon, Dieu et l’Argent (Mt 6, 24). Jésus nous conduit à Dieu qui est vivant et vrai, à l’opposé des idoles, fussent-elles politiques, économiques ou parées d’un autre habit mortuaire. En effet, s’ils ne sont pas des buts en eux-mêmes, les instruments, les savoirs, politiques, économiques, aident l’homme à se rapprocher de Dieu, à vivre en frère dans la maison commune.

Si certains peuvent avoir la mémoire remplie de nombreuses lectures relatives à ce verset, comme des propos des cardinaux J. M. Lustiger (1926-2007) ou J. Ratzinger, une synthèse récente fournit une piste d’approfondissement : l’allocution de Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, à l’Académie des sciences morales et politique, du 25 septembre 2020.

Père Alexis Ossola